Descendre au fond de l’eau

La plongée en apnée me procure un immense bien être… j’essaie de dire

 

J’ai nagé un instant, au regard des rochers

La côte martelait son chapelet d’écumes

Et j’ai ployé le torse pour l’amour de plonger

Et le corps vertical, visiter qui nous fûmes

 

Les premières secondes appellent de tout mon corps

L’air que j’ai pris la haut devient le cœur du monde

Il faut très vite aimer ce qu’on devine encore

Le vertige, la pression, meurent avec les secondes

 

Puis la descente fond et le monde apparaît

Riche des milles peurs et des êtres sans nom

Le regard les devine comme j’imaginerais

Le royaume est ouvert, je vole vers le fond

 



La marionnette aveugle

Un profond remerciement à deux médecins, qui ont su m’aider lors de crises d’angoisses, en donnant le meilleur de leur âme et de leur disponibilité

 

J’avais, je le sais bien, perdu toute raison

Mes yeux ne voyaient plus que ces ombres tragiques

Qu’agitent des ailes en pleur trop proches des néons

Je suis ma propre fin et tout ce que je risque

 

Qui faut il que tu sois pour que veuille t’entendre

Ce pantin sans ficelles et ses ombres sournoises

Qu’avais tu donc à l’âme qui a  su le surprendre

Et peindre sur son bois un sourire turquoise

 

L’âme avait disparu, j’avais perdu les yeux

Marionnette indolente au vernis effacé

Mon visage sans regard ne savait que pleurer

Le destin qu’il devine plus profond qu’un adieu

 

Ils sont beaux ces regards ayant connu les ombres

Et que dis cette bouche sur sa bille de bois

Pourra tu, seul ami, savoir, où que tu sois

Qu’un être porte en lui le soleil de ta voix

 

Elle parla enfin comme un rai de lumière

 

 

« Je cherchais une main quand tu posa ta voix

Je voulais qu’on me dise et tu tendis ta main

L’éphémère innocent épuise son matin

Sans avoir eu réponse à cette question là

 

Il ‘existe de mot ou de bien ici bas

Pour  peindre ou chanter tout ce bien que tu donnes

Des moines en gravure, penchés, si délicats

Sur les yeux harassés d’un bougre dont l’heure sonne


 

Je cherchais en souffrance une lumière à suivre

Et tu m’as demandé de nommer cet espoir

J’ai souvent cru savoir, mais je n’ai pu survivre

Il fallait au bateau l’immensité d’un  phare



L’éveil d’une princesse, le théâtre (2)

Un chapiteau incongru se dresse sur le paysage familier…

 

La campagne bruissait du printemps annoncé

Le temps cédait au temps quand demain arrivait

Lorsqu’ils vinrent poser ce décor de théâtre

Barrer mon paysage d’un mur en carton pâte

 

Ils annoncent une pièce que je dois écrire

Disent que je dois jouer, comme si je savais

Je dois choisir le ton, répliquer aux sourires

On me demande tant, comme si je pouvais

 

Le costume de scène me pèse aux épaules

A chaque mouvement, me rappelle mon rôle

Il me faudra l’aimer comme on aime l’amour

Faire de l’étroit corset le plus beau des atours

 

L’héroïne étonnée sera seule sur scène

Je revis ces instants, je reproduis les gestes

Je choisis les couleurs qui devront être miennes

Je construis un bonheur avec ce qu’on me laisse

 

Les trois coups vont sonner et je les attendais

Le vrai bonheur me parle, et on peut commencer

Je vais enfin monter les marches et m’avancer

Je vais enfin montrer mon costume et parler

 

Déjà mon cœur déborde d’un amour étonnant

Des visages s’éclairent, qui ne l’étaient avant

Je plante le décor, je monte sur les planches

Je parle du bonheur, les deux mains sur les hanches



Le cheval d’écume

Une collègue est sortie d’une lourde épreuve (cancer du sein) et je compose un petit poème après lui avoir demandé ce qui lui tenait à cœur. 

 

La plage dort au bruit des vagues

Au loin sans doute une enfant pleure

Mais au loin il y a tant de choses

Tant d’âmes en peine cernées de peurs

 

Puis

 

Elle est sortie de l’eau comme font les chevaux

Le corps en cœur d’écume aux pétales brillants

Elle bouscule et chavire le silence des mots

Elle aimait à sourire et elle rit maintenant

 

Son visage pourtant m’est resté en mémoire

Sous le rideau de sel j’ai pu apercevoir

Du fond de l’océan où les combats se livrent

Elle nous revient si belle comme l’envie de vivre

 

L’eau ne se ferme pas quand y naissent des rêves

Les vagues créent des courbes, et le corps d’une femme

Anne est venue s’étendre au soleil d’une palme

Les yeux clos de plaisir…. Le vent court sur la grève



L’éveil d’une princesse (1)

Une amie apprend qu’elle a un cancer du sein, tout simplement…

 

On me l’a dit hier comme on parle du vent

Rien à dire ni à croire, je le savais d’avant

Je suis devant la glace et doucement je parle

Peu à peu se dessinent des peurs ancestrales

 

Demain sera meilleur, ce jour est incertain

Un soleil lève au loin ses lueurs orangées

Je crois que c’est vers lui qu’il me faudra marcher

Rien ne me troublera parce que j’ai su aimer

 

Je m’appelle princesse, mes yeux chantent mes rires

Je sais donner un nom aux objets que tu aimes

Eux savent qui je suis, maintenant se souviennent

Je suis née à nouveau dans un monde à construire

 

Mes repères se noient dans une eau qui vacille

Les reflets de ma vie ondulent au gré des ondes

L’eau dérange les choses et mon ordre du monde

Le courant prend mon livre, les pages s’éparpillent

  



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