Une main caressait mes cheveux

Cette petite histoire est celle d’une peur d’enfant  dans un corps d’enfant….  C’est aussi l’histoire d’une peur d’enfant  dans un corps d’adulte… on parle alors de phobies, de tocs, d’anxiété.  Ce moine sympathique qui tend la main à l’enfant pourrait être un médecin extraordinaire, bonjour Jean. 

  

Tu m’as laissé ici, Maman

Sur le chemin des Enfants seuls

Avec au cœur comme un ruban

Un bandeau pris sur un linceul

  

Mes pieds ne touchaient pas le sol

Et j’ai pleuré les moqueries

J’ai rêvé bien plus qu’on ne vit

Je t’ai porté comme une étole

  

Puis mon chemin s’est incliné

Disparu sous les herbes folles

Le soleil brûlait sur les haies

Et projetait mon ombre au sol

  

L’image de mon corps déformé

Dévorée par des formes étranges

Chaque feuille au soleil caché

Devenait la mort en échange

  

Mon ombre a supplié de vivre

Redevenir un simple corps

Mais le soleil couchant du soir

Multiplie les monstres et dévore

  

Qui de l’être ou de l’ombre j’étais ?

En ces instants sans apparence ?

J’ai plongé en moi le couteau

La lame douce des transparences

  

Je sais que le soleil s’incline

Aussi que les ombres s’allongent

Tissant mon ombre en toile fine

Quand chaque souffle est un tourment

  

Puis au gré de ma solitude

Le soir tombe comme un répit

Je songe aux murs d’un abris

Je rêve de mes habitudes

  

J’ai observé les ombres folles

Leur danse fait peur aux enfants

Au moindre geste, le plus lent

Elles ont tenté leur farandole

  

J’ai cru ne plus pouvoir bouger

Souhaiter le silence des âmes

Une main sur moi s’est posé

Des souliers, une bure, une canne

  

Il avait bravé la nuit pour venir où l’on n’ose

Là où gémit mon corps, dans une alcove sombre

Il leva sa lanterne et expliqua les choses

Ces choses dont les êtres peuvent inventer les ombres

  

Je ne pouvais plus alors qu’inventer son visage

Et boire ses paroles posées sur mes blessures

La lampe, comme on le sait savait bien rester sage

Il avait peu de temps, pour chercher l’âme pure

  

Il m’a donné la main pour que je me relève

Il ne pouvait faire plus que relancer ma marche

D’un corps figé en terre et que la mort enlève

J’étais redevenu la douleur qui se cache

  



La marionnette aveugle

Un profond remerciement à deux médecins, qui ont su m’aider lors de crises d’angoisses, en donnant le meilleur de leur âme et de leur disponibilité

 

J’avais, je le sais bien, perdu toute raison

Mes yeux ne voyaient plus que ces ombres tragiques

Qu’agitent des ailes en pleur trop proches des néons

Je suis ma propre fin et tout ce que je risque

 

Qui faut il que tu sois pour que veuille t’entendre

Ce pantin sans ficelles et ses ombres sournoises

Qu’avais tu donc à l’âme qui a  su le surprendre

Et peindre sur son bois un sourire turquoise

 

L’âme avait disparu, j’avais perdu les yeux

Marionnette indolente au vernis effacé

Mon visage sans regard ne savait que pleurer

Le destin qu’il devine plus profond qu’un adieu

 

Ils sont beaux ces regards ayant connu les ombres

Et que dis cette bouche sur sa bille de bois

Pourra tu, seul ami, savoir, où que tu sois

Qu’un être porte en lui le soleil de ta voix

 

Elle parla enfin comme un rai de lumière

 

 

« Je cherchais une main quand tu posa ta voix

Je voulais qu’on me dise et tu tendis ta main

L’éphémère innocent épuise son matin

Sans avoir eu réponse à cette question là

 

Il ‘existe de mot ou de bien ici bas

Pour  peindre ou chanter tout ce bien que tu donnes

Des moines en gravure, penchés, si délicats

Sur les yeux harassés d’un bougre dont l’heure sonne


 

Je cherchais en souffrance une lumière à suivre

Et tu m’as demandé de nommer cet espoir

J’ai souvent cru savoir, mais je n’ai pu survivre

Il fallait au bateau l’immensité d’un  phare



L’éveil d’une princesse, le théâtre (2)

Un chapiteau incongru se dresse sur le paysage familier…

 

La campagne bruissait du printemps annoncé

Le temps cédait au temps quand demain arrivait

Lorsqu’ils vinrent poser ce décor de théâtre

Barrer mon paysage d’un mur en carton pâte

 

Ils annoncent une pièce que je dois écrire

Disent que je dois jouer, comme si je savais

Je dois choisir le ton, répliquer aux sourires

On me demande tant, comme si je pouvais

 

Le costume de scène me pèse aux épaules

A chaque mouvement, me rappelle mon rôle

Il me faudra l’aimer comme on aime l’amour

Faire de l’étroit corset le plus beau des atours

 

L’héroïne étonnée sera seule sur scène

Je revis ces instants, je reproduis les gestes

Je choisis les couleurs qui devront être miennes

Je construis un bonheur avec ce qu’on me laisse

 

Les trois coups vont sonner et je les attendais

Le vrai bonheur me parle, et on peut commencer

Je vais enfin monter les marches et m’avancer

Je vais enfin montrer mon costume et parler

 

Déjà mon cœur déborde d’un amour étonnant

Des visages s’éclairent, qui ne l’étaient avant

Je plante le décor, je monte sur les planches

Je parle du bonheur, les deux mains sur les hanches



Le cheval d’écume

Une collègue est sortie d’une lourde épreuve (cancer du sein) et je compose un petit poème après lui avoir demandé ce qui lui tenait à cœur. 

 

La plage dort au bruit des vagues

Au loin sans doute une enfant pleure

Mais au loin il y a tant de choses

Tant d’âmes en peine cernées de peurs

 

Puis

 

Elle est sortie de l’eau comme font les chevaux

Le corps en cœur d’écume aux pétales brillants

Elle bouscule et chavire le silence des mots

Elle aimait à sourire et elle rit maintenant

 

Son visage pourtant m’est resté en mémoire

Sous le rideau de sel j’ai pu apercevoir

Du fond de l’océan où les combats se livrent

Elle nous revient si belle comme l’envie de vivre

 

L’eau ne se ferme pas quand y naissent des rêves

Les vagues créent des courbes, et le corps d’une femme

Anne est venue s’étendre au soleil d’une palme

Les yeux clos de plaisir…. Le vent court sur la grève



L’éveil d’une princesse (1)

Une amie apprend qu’elle a un cancer du sein, tout simplement…

 

On me l’a dit hier comme on parle du vent

Rien à dire ni à croire, je le savais d’avant

Je suis devant la glace et doucement je parle

Peu à peu se dessinent des peurs ancestrales

 

Demain sera meilleur, ce jour est incertain

Un soleil lève au loin ses lueurs orangées

Je crois que c’est vers lui qu’il me faudra marcher

Rien ne me troublera parce que j’ai su aimer

 

Je m’appelle princesse, mes yeux chantent mes rires

Je sais donner un nom aux objets que tu aimes

Eux savent qui je suis, maintenant se souviennent

Je suis née à nouveau dans un monde à construire

 

Mes repères se noient dans une eau qui vacille

Les reflets de ma vie ondulent au gré des ondes

L’eau dérange les choses et mon ordre du monde

Le courant prend mon livre, les pages s’éparpillent

  



Un chœur pour deux


Au cours d’un trajet ou nous sommes seuls, un collègue me livre quelques clés de son vécu, suite au décès de mon père. Je ne peux m’empêcher alors de comparer ce récit au mien et de tenter de dire vrai, sans autre but que cela

Qui connaîtra l’histoire de ces rosiers en pleurs

Ces doux chiens de troupeau gardant les pieds de vigne

Qui saura dire le beau de ces annonciateurs

Mon père me l’a dit, pourrais je en être digne ?

.

Un homme qui sourit est un enfant qui pleure

Un qui sait bien la chance d’avoir apprit le rêve

Mon père donnait aux choses le beau de ces fleurs

Qui conduisent la marche quand le coteau s’élève

.

J’ai bien tourné la page, mais je vois au travers

Le vibré de nos chants quand nos voix s’accordaient

Je crois que j’ai vécu, je sais avoir rêvé

Les murs de notre église et la croix de mon père

.

Un fils garde pour lui ces chants et ces images

Qui porteront pour lui cette force immuable

Le deuil est enterré, les regrets sont en cage

Pour comprendre les vies, en connaître les fables

.

Les larmes sur mes joues ne savent pas pleurer

Elles sont d’un autre monde, que mon enfant essuie

Elles sont l’indispensable, le ‘comment’ de la vie

A genoux dans les vignes, je parle à un rosier

.

Un monde était en marche, je savais mon destin

La douleur fait le rire, la racine est profonde

Le bonheur a un prix, comme l’amour est certain

Je combattrai le pire pour que chante le monde

.

Les colonnes massives gardent nos voix mêlées

Une même aube rouge vient colorer nos vignes

Si je ferme les yeux, tu es à mes côtés

Une lampe allumée que ton regard souligne



Geneviève

Poème écrit pour la maman de mon ami d’enfance, dont la douceur et l’effacement m’ont toujours émus. 

 

Geneviève doucement

A les yeux qui  suffisent

Elle ne dira rien d’autre

Que le mot d’un sourire

 

Elle plante le décor quand elle est dans la pièce

Mais déjà elle s’efface, comme un son de sa voix

 

Mais elle vous laissera, vous qui la croiserez

Le trait des plis magiques qu’elle garde aux coins des yeux

Comme en tracent des sages, haut dans les Andes bleues

Ce sentiment d’entendre ce qu’elle n’a pas su dire

 

Geneviève doucement a les yeux qui  suffisent

Elle a pris de la vie cette sagesse intense

Elle garde le bonheur aux plis de ses silences

Et quand elle ne dit rien, mérites son sourire.



Le cœur au nord


Ecrit pour mon meilleur ami, avec en mémoire ce moment de forte dépression (j’étais de plus isolé de par mes études), il venait me chercher et m’emmenait voir ses amis … Et des amis qui restent à vos cotés quand vous n’êtes pas marrant, on en voit peu (peut être dans les BDs de Gaston LAGAFFE ?).  Il est du nord et se prénomme Pierre.

 

 

Le temps marqué de nos naissances

Fait une  pause et nous regarde

A chaque pas de nos confiances

Tu posas une pierre sur  le temps

 

Cette pierre, signe tracé

Sur le marbre de notre vie

Quelques bonheurs de mains tendues

Mon Dieu, les secrets enfouis !

 

Des souvenirs qui se mélangent

Un ami qui reste gravé

Une pierre qui peut parler

Quand la vie ne veut plus rien dire

 

Les mots  simples dans un cœur du nord

Qui touchent à l’âme sans parler

Plus qu’un ami, beaucoup plus fort

Plus qu’un beau rêve, un réconfort

 

Le temps je crois, s’est arrêté

Au cadran de notre naissance

Je garderai pour toi toujours

L’image de ceux qui ne sont plus

 

Le temps n’a pas grande importance

Je crois bien qu’on l’a oublié

J’ai du rêver de ces distances

Qu’on a du mal à mesurer


 

Le cœur au nord comme un sourire

Tout simplement, finalement

Qui, a des moments de ma vie

A su me dire ‘viens chez moi’

 

Je te dois plu que ce qu’on pense

Aider l’autre dans la souffrance

Une pierre glissée sous les pieds

Juste pour continuer de vivre.

 

Merci pour tout, merci encore

L’amitié a du naitre au nord

Main tendue que je vois encore

Frère rêvé, autre décor

 

Alors salut, fais de beaux rêves

J’ai gardé tous tes souvenirs

Je saurai dire notre enfance

J’ai arrêté pour toi la montre

 

Alors bonjour les souvenirs

Au sable ému de nos enfances

Merci pour cette main tendue

Nos jouets d’avant restent amis



Elle a osé sourire, ou l’urgente attente de l’urgence

Eté 2007, je suis pris de panique, en plein service des urgences…. Service totalement déshumanisé … et c’est une infirmière qui finit par me calmer, simplement parce qu’elle a su un instant se mettre ‘à mon niveau’ .  J’ai voulu me souvenir d’elle… Ecrit le jour même.

 

Les rouages sont bien en place

Les engrenages marient leurs doigts

L’urgence d’une urgence est là

Le cœur ici est un oubli

 

Le craquement des gens qui passent

Laisse dans l’air un poids de cendre

Le sang des êtres est sur les murs

Un oubli de sa propre vie

 

Le bruit régulier des patients

Le regard triste d’une enfant

Le vide énorme de ces gens

Cette colère est omni présente

 

Dans ce cliquetis de machines

D’où l’on sort simplement remis

J’ai entendu, très régulier

Un cœur, des yeux, ta main posée

 

Tu as su éloigner de nous

Pour un instant qui fut magique

Le bruit des pierres que l’on choque

Tu avais déjà tout compris

 

C’étaient les battements de ton cœur

Qui avaient adoucis les cris

Je n’entendais plus la machine

Rien que tes yeux que j’ai suivi

 

Merci

 



Le retour en cadeau

Florence a offert un bracelet à Christine, après que cette dernière lui ait rendu un service important, au moment important. Pour Christine, cette action est plus qu’un simple don, mais une marque de confiance, un engagement de Florence pour un nouveau départ positif dans une vie ‘toute neuve’. Le bonheur de l’une pour remercier l’autre, à son tour.

Tu as offert à une amie

Le bracelet qui lui plaisait

Tu as vécu un souvenir

Aimer comme tu as tant aimé

Tu as choisi pour dire ‘merci’

Mais aussi pour lui dire ‘bonjour’

Tu as donné et tu as pris

Ce qu’il fallait reprendre un jour

Tu as sans le savoir vraiment

Pris sur la vie un vrai départ

Les doigts serrés sur un cristal

Une question sur un serment

Prend donc au vol ce bras tendu

Auquel tu as offert de l’or

Appuies toi sur l’oiseau perdu

Prends le courage en son envol

Pour que ton choix soit si joli

Tu n’as fait qu’écouter ton cœur

Et retrouver loin dans ta vie

La source de tous tes bonheurs

Alors retournes loin babas

Ecoutes ceux qui y passèrent

Fais ce que tu aurais pu faire

Reprends ton vol sur ce bras là.




12

kantinof |
quelques mots parmi tant d'... |
MA PETITE FEE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Sur une île un trésor
| Mona... lit ça!
| le blog de jeanluke